🌀 Pourquoi s’intĂ©resser Ă  l’Intelligence Émotionnelle (IE) ?

#intelligenceémotionnelle

🌀 Pourquoi s’intĂ©resser Ă  l’Intelligence Émotionnelle (IE) ?

Les recherches rĂ©centes confirment que les expressions affectives et Ă©motionnelles influencent les Ă©motions, la cognition et les comportements d’autrui, et favorisent l’affiliation ou au contraire une certaine distanciation (Ashkanasy & Dorris, 2017; Kashima et al., 2020).

⚙ Un tournant vers plus de “sensible”, “Ă©motionnel” ou “affectif” (Clough et Halley, 2007) s’est opĂ©rĂ© dans les sciences humaines et sociales depuis quelques dizaines d’annĂ©es.
–> Il est rĂ©guliĂšrement qualifiĂ© de “rĂ©volution affective” (Sander & Scherer, 2019) dans les annĂ©es 80, succĂ©dant Ă  une autre “rĂ©volution”, dite “cognitive”, dans les annĂ©es 60 (Haidt, 2007).

☀ RĂ©cemment, Dukes et al. (2021) dans leur article “The Rise of Affectivism” ont ainsi questionnĂ© “l’impact de plus en plus reconnu des phĂ©nomĂšnes affectifs a-t-il inaugurĂ© une nouvelle Ăšre, l’Ăšre de l’affectivisme ?”

Ils expliquent ainsi que de nombreux domaines de recherche et de pratique incluent depuis peu une compréhension affective dans leurs analyses et actions.
‱ Les chercheurs en droit prennent plus en considĂ©ration le rĂŽle des processus affectifs dans les prises de dĂ©cisions juridiques, et reconnaissent que les lois et les rĂšgles juridiques reflĂštent et crĂ©ent des “scripts culturels” sur la façon dont les gens doivent “sentir” et se sentir.
‱ Dans la recherche en Ă©ducation, les liens entre le bien-ĂȘtre et l’Ă©ducation sont de plus en plus confirmĂ©s, ce qui entraĂźne des changements de politique Ă©ducative, et l’augmentation continue du nombre de programmes d’apprentissage socio-Ă©motionnel.
‱ En ce qui concerne le changement climatique, les chercheurs ont compris l’importance des processus affectifs pour signaler l’urgence de la situation, et pour s’engager dans des actions correctives collectives, Ă  la fois pour les citoyens privĂ©s, les organisations gouvernementales et non-gouvernementales.

“S’il reviendra in fine aux historiens des sciences de dĂ©terminer si une nouvelle Ăšre s’est ouverte ou non, compte tenu de l’impact indĂ©niable des sciences affectives sur nos modĂšles de cerveau, de pensĂ©e et de comportement, il semble pertinent de se demander aujourd’hui si nous sommes Ă  l’Ăšre de l’affectivisme” (Dukes et al., 2021, p. 819).

💡 Notre proposition (Dickason et al., 2021) sur l’histoire de l’IE dans le domaine du travail, apporte une certaine part d’éclairage, et montre combien l’intelligence “affective” est prĂ©sente depuis le dĂ©but du 18Ăšme siĂšcle dans les arts.
⚙ Aussi, les recherches scientifiques naissantes sur les affects, les Ă©motions provenaient de Pierre Nicolas Gerdy, Charles Darwin, William James, Arthur d’Anglemont, FrĂ©dĂ©ric Paulhan, ou FrĂ©dĂ©ric Rauh, entre autres…⏳ Spinoza (1677) dĂ©jĂ  avait montrĂ© combien l’Ă©motion peut ĂȘtre comprise Ă  la fois comme cognitive et corporelle, et que les affects sont fondamentalement liĂ©s au “conatus” 🧠

Les “scripts” culturels sont ces valeurs et normes internes sur lesquels notre façon d’agir (parler, se comporter) se base, dans des situations spĂ©cifiques, et qui sont forgĂ©s principalement par notre environnement socio-culturel.

Dans des situations qui nous paraissent familiÚres, nous ne réfléchissons pas souvent trop à la façon de nous comporter.

🧠 Nous sommes alors plutĂŽt en “pilote automatique” (certains neuroscientifiques parlent de codage-prĂ©diction-catĂ©gorisation des expĂ©riences sensorielles, affectives et physiques passĂ©es), et nous comportons selon ce script inconscient qui nous guide.

⚙ Voir l’ouvrage de 1994 d’Anna Wierzbicka et les autres aussi 👍😉
Pour comprendre les fondements de nos “Ă©motions” et la maniĂšre dont elles sont exprimĂ©es et vĂ©cues dans diffĂ©rentes cultures, langues et relations sociales, elle apporte des Ă©clairages psychologiques, anthropologiques et linguistiques.

#EmotionalIntelligence #HistoryofEI #Affect

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On n’est jamais loin de la manipulation, de l’illusion ou de la prestidigitation
Les Ă©motions nous Ă©garent, comme qui disait
Du reste, jongler avec des flots d’Ă©motions pures est l’arme de prĂ©dilection des rhĂ©teurs
L’intelligence Ă©motionnelle, ce concept utilitariste de l’intelligence humaine, est vieille comme le monde
Elle sert entre autres choses Ă  produire un effet de sidĂ©ration chez l’auditoire et a la fĂącheuse tendance Ă  suspendre non seulement l’incrĂ©dulitĂ© mais surtout le jugement critique, au seul bĂ©nĂ©fice de l’Ă©motion
Des effets dissipatifs qui produiront comme une perte d’informations et paradoxalement, l’apparence d’avoir tout saisi
Alors, la cognition dans tout Ça…
Le plus curieux c’est que nous en voyons des exemples tous les jours depuis quelques temps sans pour autant que les observateurs en trouvent la moindre corrĂ©lation
« Parfois, on se fonde sur ce que disent les autres, sans se donner Ă  soi mĂȘme mĂȘme le loisir de rĂ©flĂ©chir et de juger »
De Jane Austen
– Raison et sentiment –
Sometimes…

REPONSE :

Merci Philippe 👍🙏 J’abonde sur la citation de Jane Austen car l’adage socratique “connais-toi toi-mĂȘme” reste un prĂ©alable ☀ Une branche des habiletĂ©s propre Ă  l’IE est la rĂ©gulation de ses propres Ă©motions 🧠

💡 En effet, une personne “Ă©motionnellement stable” est Ă©voquĂ©e dans la BhagavadgÄ«tā (sanskrit) il y a peut-ĂȘtre 5 000 ans, aussi les bases Ă©motionnelles de l’apprentissage sont Ă©voquĂ©es par Platon il y a 2 000 ans ⚙

Il y aurait beaucoup Ă  dire sur votre message.
Pour l’IE comme concept “utilitariste”… ça se discute mais la notion de bienveillance et de bien-ĂȘtre pour soi et les autres Ă©tait importante pour John D. Mayer et Peter Salovey, les deux principaux initiateurs scientifiques en 1990. Ils envisageaient initialement le dĂ©veloppement de l’IE dans l’éducation.

L’IE n’est pas corrĂ©lĂ© Ă  des traits type narcissisme, psychopathie ou machiavĂ©lisme (dark triad, voir revues et mĂ©ta-analyses : Miao et al., 2019 ; Michels & Schulze, 2021).
L’idĂ©e que vous semblez suggĂ©rer n’est pas du mĂȘme ordre mais il faudrait plusieurs heures pour en discuter 😉

REFERENCES :

  • Ashkanasy, N. M., & Dorris, A. D. (2017). Emotions in the Workplace. Annual Review of Organizational Psychology and Organizational Behavior, 4(1), 67–90.
  • Clough, P. T., & Halley, J. (Eds.). (2007). The Affective Turn: Theorizing the Social. Duke University Press.
  • Dickason, R., Ashkanasy, N. M., & Hampton-Musseau, D. (2021). A History of Emotional Intelligence in Work Settings. Academy of Management Proceedings, 2021(1), 12470.
  • Dukes, D., Abrams, K., Adolphs, R., Ahmed, M. E., Beatty, A., Berridge, K. C., Broomhall, S., Brosch, T., Campos, J. J., Clay, Z., ClĂ©ment, F., Cunningham, W. A., Damasio, A., Damasio, H., D’Arms, J., Davidson, J. W., de Gelder, B., Deonna, J., de Sousa, R., Ekman, P., 
 Sander, D. (2021). The rise of affectivism. Nature human behaviour, 5(7), 816–820.
  • Haidt, J. (2007). The New Synthesis in Moral Psychology. Science, 316(5827), 998–1002.
  • Kashima, Y., Coman, A., Pauketat, J. V. T., & Yzerbyt, V. (2020). Emotion in Cultural Dynamics. Emotion Review, 12(2), 48–64.
  • Kirmayer, L. J., Worthman, C. M., Kitayama, S., Lemelson, R., & Cummings, C. A. (Eds.). (2020). Culture, Mind, and Brain: Emerging Concepts, Models, and Applications (1st edition). Cambridge University Press.
  • Sander, D., & Scherer, K. (Eds.). (2019). TraitĂ© de psychologie des Ă©motions. Le Hall du Livre. Dunod.
  • Spinoza, B. de (1677)[Curley, E. M.] (1994). A Spinoza reader: The Ethics and other works. Princeton University Press.
  • Spinoza, B. de (1677)[Pautrat, B., 2010]. Éthique. coll. Points. Paris. Seuil.
  • Wierzbicka, A. (1994). Emotion, language, and cultural scripts. In Emotion and culture: Empirical studies of mutual influence (pp. 133–196). American Psychological Association.
  • Wierzbicka, A. (1999). Emotions across languages and cultures: Diversity and universals. Cambridge University Press ; Editions de la Maison des sciences de l’homme.