Les Constructions Sociales et Culturelles de la Création de Sens

#MindAndCulture

Si la révolution cognitive a permis de très belles avancées scientifiques, elle semble être passée trop tôt d’une “construction du sens” au traitement de “l’information” (Bruner, 1990, p. 4).

Shinobu Kitayama (psychologue) rappelle que le processus de création de sens est fondamentalement social, interpersonnel et surtout culturel.

La “culture” est cet ensemble cohérent de représentations mentales (idées, croyances et valeurs) et de manifestations (pratiques comportementales, artefacts et institutions) partagées par un groupe et acquises par les nouvelles générations grâce à l’apprentissage social.

“Nos cerveaux humains sont des artefacts culturels (Mithen & Parsons, 2008; Taylor, 2006). Les cerveaux mettent en œuvre la culture, transmettent la culture et sont câblés par la culture.” (Gendron et al., 2020, p. 188).

Chacun naît parmi une tradition culturelle, où nous sommes socialisés et “formés” pour agir au mieux dans ce milieu socio-culturel, par l’apprentissage de scripts, conventions et rites.

Pendant ce processus, nos cerveaux sont “recâblés” et réorganisés pour agir correctement et efficacement dans ce milieu culturel (Kitayama & Salvador, 2017).

Notre esprit est préparé biologiquement… il se développe et se complémente socio-culturellement (Tomasello, 2014).

Ne serait-ce pas une magnifique opportunité pour comprendre la diversité qui enrichit nos cultures ?

#Culture #Emotions

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REFERENCES :

  • Bruner, J. (1990). Acts of meaning. Harvard University Press.
  • Gendron, M., Mesquita, B., & Barrett, L. F. (2020). The Brain as a Cultural Artifact: Concepts, Actions, and Experiences within the Human Affective Niche. In L. J. Kirmayer, C. M. Worthman, S. Kitayama, R. Lemelson, & C. Cummings (Eds.), Culture, Mind, and Brain (1st ed., pp. 188–222). Cambridge University Press.
  • Kitayama, S., & Salvador, C. E. (2017). Culture embrained: Going beyond the nature-nurture dichotomy. Perspectives on Psychological Science, 12(5), 841–854. – Mithen, S., & Parsons, L. (2008). The Brain as a Cultural Artefact. Cambridge Archaeological Journal, 18(3), 415-422.
  • Taylor, T. (2006). The human brain is a cultural artefact. The Edge: What is your dangerous idea? Retrieved from https://www.edge.org/response-detail/11835
  • Taylor, T. (2011). The artificial ape: How technology changed the course of human evolution (1st ed.). Palgrave Macmillan.
  • Tomasello, M. (2014). The ultra-social animal. European journal of social psychology, 44(3), 187-194.
  • Uchida, Y., & Kitayama, S. (2009). Happiness and unhappiness in east and west: Themes and variations. Emotion, 9(4), 441–456.

???? Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde…?

#Influence

???? “Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde ? En fait c’est toujours ainsi que cela se produit”

⚙️ “Never doubt that a small group of thoughtful, committed citizens can change the world. Indeed, it’s the only thing that ever has.”
(attribué à Margaret Mead, Keys, 1982a, p. 79)

▶️ Suivons pour cela l’intuition de Margaret Mead…

⚙️ Granovetter (1978), selon la théorie de la masse critique, soutient que lorsqu’une minorité “engagée” atteint une taille de groupe “critique”, une structure sociale franchit un point de basculement, déclenchant des changements de comportement plus rapides par une acceptation.

???? Damon Centola, sociologue américain, tente lui aussi de comprendre “the tipping point” dans ses recherches. Il a montré expérimentalement qu’un nombre suffisant de personnes, à partir de 25% d’un groupe (weak entrenchment), pouvait réussir à emporter l’adhésion et provoquer ces changements (Centola et al., 2018).

???? Par ailleurs, Otto et ses collègues (2020), dans leur dernière étude, ont proposé de s’appuyer sur cette dynamique de transformation par bascule pour réduire l’impact carbone.

???? La décarbonation nécessaire pour stabiliser le climat et l’environnement devrait se baser sur des processus contagieux et rapides afin d’insuffler les changements sociaux et technologiques indispensables.

✴️ Comment souhaiteriez-vous utiliser ce levier ?

#SocialSustainability #ChangeNow #TippingPoint

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Illustr. de Dymphie Huijssen
????✴️ Comme l’expliquait Spinoza, ce sont les affects communs qui vont pouvoir conduire ce changement… dès lors qu’une nouvelle dynamique de convergence passionnelle peut conduire à la formation de nouveaux affects communs, par adhésion affective et activation du “conatus” (cf. concept de la “potentia multitudinis” de Matheron, 1969).
⚙️ La force de cette action collective, Spinoza la nomme “imperium” : “Ce droit que définit la puissance de la multitude, on l’appelle généralement imperium” (TP, II, 17).
–> Voir aussi :

Les cours donnés par Margaret Mead sont des sources d’inspiration et d’humanisme, basés sur ses travaux d’observation et d’études anthropologiques : Mead, M. (1964). Continuities in Cultural Evolution. New Haven: Yale University Press.)

Des sources d’inspiration et d’humanisme… Mead, M. (1964). Continuities in Cultural Evolution. New Haven: Yale University Press.

(p. 12) : “En tant que mesure de l’évolution culturelle, l’utilisation de la quantité d’énergie disponible pour tout groupe humain à une période donnée du développement culturel humain fournit un cadre macrocosmique pratique pour la discussion sur le politique.”

(p. 266-267) : “Au lieu de cela, nous pouvons prendre la position que l’unité de l’évolution culturelle n’est ni l’individu surdoué ni la société dans son ensemble, mais le petit groupe d’individus en interaction qui, avec les plus doués d’entre eux, peuvent passer à l’étape suivante; alors nous pouvons entreprendre la tâche de créer les conditions dans lesquelles les personnes douées de manière appropriée peuvent réellement apporter une contribution. C’est-à-dire, plutôt que d’isoler les «leaders» potentiels, nous pouvons délibérément produire les conditions que nous trouvons dans l’histoire, dans lesquelles des groupes sont formés d’un petit nombre d’hommes extraordinaires et ordinaires, tellement liés à leur période et les uns aux autres qu’ils peuvent consciemment se mettre à résoudre les problèmes qu’ils se proposent.”

(p. 284): “Pour le moment, cependant, il semble y avoir un plus grand risque que toute civilisation soit détruite que toute l’humanité sera détruite. Placer leur foi dans le cerveau merveilleusement complexe de l’homme, les biologistes sont encouragés par la probabilité que même après une guerre catastrophique, des représentants d’Homo sapiens survivraient dans des régions très reculées de la terre, loin des grandes explosions ou des centres de diffusion de la guerre biochimique, sur des îles, dans des jungles inaccessibles, dans des vallées profondes et isolées.”

(p. 12): “As a measure of cultural evolution, the use of the amount of energy available to any human group at a given period in human cultural development provides a convenient macrocosmic framework for the discussion of political.”

(p. 266-267): “Instead, we can take the position that the unit of cultural evolution is neither the single gifted individual nor the society as a whole but the small group of interacting individuals who, together with the most gifted among them, can take the next step; then we can set about the task of creating the conditions in which the appropriately gifted can actually make a contribution. That is, rather than isolating potential “leaders,” we can purposefully produce the conditions we find in history, in which clusters are formed of a small number of extraordinary and ordinary men, so related to their period and to one another that they can consciously set about solving the problems they propose for themselves.”

(p. 284): “For the present, however, there appears to be a greater risk that all civilization will be destroyed than that all mankind will be destroyed. Placing their faith in man’s marvelously intricate brain, biologists are cheered by the probability that even after a catastrophic war, representatives of Homo sapiens would survive in very remote parts of the earth, far from major explosions or centers of diffusion of biochemical warfare, on islands, in inaccessible jungles, in deep, secluded valleys.”

REFERENCES :
  • Centola, D. (2018). How behavior spreads: The science of complex contagions. Princeton University Press.
  • Centola, D. (2021). Change: How to Make Big Things Happen. Little, Brown Spark.
  • Centola, D., Becker, J., Brackbill, D., & Baronchelli, A. (2018). Experimental evidence for tipping points in social convention. Science, 360(6393), 1116–1119. – Gladwell, M. (2002). The Tipping Point: How Little Things Can Make a Big Difference (Reprint édition). Back Bay Books.
  • Gladwell, M. (2002). The Tipping Point: How Little Things Can Make a Big Difference (Reprint édition). Back Bay Books.
  • Keys, D. (1982a). Earth at Omega: Passage to Planetization. Branden Books. – Keys, D. (1982b). Rewiring the Human Being: A Feasibility Study. Journal of Humanistic Psychology, 22(4), 71–83.
  • Mead, M. (1964). Continuities in Cultural Evolution. New Haven: Yale University Press.
  • Otto, I. M., Donges, J. F., Cremades, R., Bhowmik, A., Hewitt, R. J., Lucht, W., Rockström, J., Allerberger, F., McCaffrey, M., Doe, S. S. P., Lenferna, A., Morán, N., Vuuren, D. P. van, & Schellnhuber, H. J. (2020). Social tipping dynamics for stabilizing Earth’s climate by 2050. Proceedings of the National Academy of Sciences, 117(5), 2354–2365.